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Communication inclusive : au-delà des mots, une responsabilité stratégique

La communication inclusive ne se limite pas à l’écriture inclusive. Représentations, accessibilité, langage, images ou stratégies éditoriales : retour sur une réflexion devenue incontournable dans les métiers de la communication.
Lors d’un module du DAS en communication responsable donné par décadréE et consacré à cette thématique, plusieurs dimensions essentielles ont été abordées :

  • le système de genre,
  • les représentations dans les médias,
  • les biais du langage,
  • l’écriture inclusive ou encore les impacts organisationnels d’une communication plus attentive aux diversités.

Ce qui m’a particulièrement frappé durant cette formation, c’est à quel point nos choix de communication semblent parfois neutres alors qu’ils véhiculent déjà des représentations culturelles très fortes.

Dans un monde saturé de contenus, d’images et de messages instantanés, la communication ne se limite plus à informer. Elle façonne des représentations, influence des comportements et participe à la construction des normes sociales. C’est précisément là qu’intervient la communication inclusive : une approche qui cherche à représenter toutes les personnes de manière équitable, accessible et respectueuse.

Une question de représentation

Communiquer de manière inclusive, ce n’est pas simplement ajouter des points médians ou féminiser quelques fonctions. La démarche est bien plus large. Elle consiste à utiliser « les outils langagiers, visuels et organisationnels afin de construire une communication accessible et représentant toutes les personnes ».

Cette réflexion touche à plusieurs domaines :

  • la langue,
  • les images,
  • les relations médias,
  • les événements,
  • mais aussi les processus internes des organisations.

Autrement dit, la communication inclusive relève autant de la stratégie que de la rédaction.

Le langage n’est jamais neutre

L’un des points les plus intéressants du cours concernait le lien entre langue et représentations mentales. Les mots influencent notre perception du réel. Le masculin générique, longtemps présenté comme neutre, ne l’est pas toujours cognitivement. Les recherches en psycholinguistique montrent que certaines formulations invisibilisent inconsciemment une partie des personnes concernées.

Le module rappelait ainsi que « la langue, les mots influencent nos représentations ».

Cette question dépasse largement le débat parfois caricatural autour de l’écriture inclusive. Elle interroge la manière dont les institutions, les médias ou les marques choisissent de représenter leur public.

Les risques d’une communication excluante

Le cours mettait également en évidence les conséquences possibles d’images ou de messages sexistes :

  • renforcement des rapports de domination,
  • perpétuation des stéréotypes,
  • objectification des corps,
  • hiérarchisation implicite des rôles sociaux.

Les impacts peuvent être très concrets :

  • bad buzz,
  • perte de crédibilité,
  • exclusion d’une partie de l’audience,
  • baisse de l’identification à une institution,
  • voire normalisation de comportements discriminants.

À l’ère des réseaux sociaux et de la communication instantanée, une campagne mal pensée peut rapidement devenir un cas d’école… pour de mauvaises raisons.

Une approche stratégique, pas uniquement militante

L’un des éléments les plus pertinents du module était probablement cette idée : il n’existe pas une seule manière de faire de la communication inclusive.

Les choix dépendent notamment :

  • du public cible,
  • du support,
  • des valeurs de l’institution,
  • du contexte juridique,
  • des objectifs de communication.

L’exercice comparatif entre les chartes de rédaction inclusive de l’Université de Genève et du Canton du Valais illustre bien cette réalité : deux institutions publiques peuvent poursuivre des objectifs similaires tout en adoptant des stratégies éditoriales différentes.

Cela montre qu’une communication inclusive efficace repose avant tout sur la cohérence stratégique et l’alignement avec l’identité institutionnelle.

Une compétence de plus en plus attendue

Dans les métiers de la communication, du marketing, des ressources humaines ou du secteur public, ces enjeux deviennent progressivement incontournables. Les organisations sont aujourd’hui observées non seulement sur ce qu’elles disent, mais aussi sur la manière dont elles le disent et sur les personnes qu’elles choisissent de rendre visibles.

La communication inclusive ne consiste donc pas à « lisser » les messages ou à imposer une norme unique. Elle invite plutôt à élargir le regard, à interroger les automatismes et à concevoir des contenus capables de parler à une société plus diverse, plus consciente et plus attentive aux questions de représentation.

En tant que communicant, cette réflexion me semble aujourd’hui difficile à ignorer. Non pas parce qu’il faudrait appliquer mécaniquement une nouvelle norme, mais parce que chaque choix éditorial — un mot, une image, une prise de parole — contribue à construire une certaine vision du monde.

Sources et références